Mercosur : quelles alternatives pour protéger notre agriculture et notre santé ?
L’alimentation de qualité est un combat historique des Écologistes. Parce que nous pensons que chacun·e doit avoir accès à une alimentation saine, choisie et locale, à un prix juste et abordable. Parce que bien manger est une question de santé et de justice sociale : 2 Français·es sur 10 déclarent ne pas parvenir à se nourrir en quantité et en qualité suffisante pour des raisons financières. C’est aussi un enjeu de protection de notre environnement, puisque le mode de production agricole impacte la biodiversité et les ressources en eau potable.
Le droit à l’alimentation dans notre pays dépend du contexte international. Le traité récemment conclu entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) – véritable bombe écologique, sociale et économique – en constitue la dernière illustration.
Dans ce traité signé avec le Mercosur, c’est l’agriculture française que l’on sacrifie. Car la concurrence déloyale se traduira par des normes tirées vers le bas, des prix écrasés, et la disparition massive de fermes – ici comme en Amérique latine. Notre santé va en pâtir. Un tiers des pesticides autorisés au Brésil sont en effet interdits en Europe. Un parfait non-sens sanitaire, doublé d’une hypocrisie incroyable, puisque des industries européennes exportent des produits chimiques interdits, vers les marchés du Mercosur, empoisonnant les paysan·nes et les populations locales, avant de les réimporter via des produits alimentaires pour le bétail ou les humains !
L’écologie politique se construit avec vous !
Face à ces constats alarmants, nous avons formulé une série de propositions que les Écologistes vont porter dans leur programme national. Vous pouvez les commenter, les enrichir ou les critiquer :
Dénoncer puis engager la renégociation des traités de libre-échange qui affectent le climat et la biodiversité (CETA, Mercosur…). Viser le respect de la trajectoire des Accords de Paris, introduire des clauses miroirs et prévoir des sanctions en cas de non-respect de ces exigences.
Abroger la loi Duplomb et adopter une Loi d’Orientation Agricole qui fixe des objectifs, des moyens, et une trajectoire de planification pour la souveraineté alimentaire de notre pays. Améliorer l’autonomie de l’agriculture, en particulier en termes de protéines destinées à l’alimentation animale et d’engrais.
Développer et soutenir les expérimentations de caisses locales de Sécurité Sociale de l’Alimentation.
Atteindre l’objectif français de 21% d’agriculture bio en 2030 contre 10,1% aujourd’hui.
Assurer des prix rémunérateurs pour les paysan·nes et améliorer les conditions de vie, de travail et la protection sociale des travailleur·ses agricoles, chef·fes d’exploitation et salarié·es.
Curieux·se de découvrir les autres mesures ? Rendez-vous dans les chapitres « Investir dans l’agroécologie » (Chapitre 1) et « Créer un droit à l’alimentation de qualité » (Chapitre 2) de la plateforme.
Vous êtes élu·e local·e ? Vous pouvez aussi déclarer votre commune « hors mercosur » ! Consultez notre site internet pour en savoir plus sur cette initiative et partagez notre tribune sur le sujet : « Traité UE-Mercosur : les communes peuvent aussi dire non ! ».